L’entreprise des Indes, Erik Orsenna

Voilà un excellent roman. L’Entreprise des Indes est un roman épicé et fin, une chronique familiale et une fresque historique, un très beau texte bien construit et passionnant. Erik Orsenna nous raconte l’odyssée de Christophe Colomb à travers les yeux de son frère, Bartholomé, son petit frère qui prend le rôle du narrateur.

S’appuyant sur « Le Livre des merveilles », le livre de Colomb, en quelque sorte son carnet de voyage et son testament d’aventurier, Bartolomé nous décrit son frère l’explorateur, en filigrane de ses récits de voyages, de ses rencontres professionnelles et amoureuses, et il nous raconte l’officine des cartographes, la peste, le clergé, le roi.

Christophe et son frère ont grandi au bord de la mer, et pour le fils aîné l’appel de l’océan a toujours été plus fort que n’importe quelle autre voix. Dans les yeux de son frère, on lit l’admiration, la crainte de ne jamais le voir revenir, l’amour, la volonté de l’aider.

L’Entreprise des Indes est aussi une invitation à la réflexion sur la lecture et l’écriture et leur relation aux rêves. C’est évident que l’auteur est un amoureux des mots et un fervent croyant dans leur capacité à nous faire voyager. Il réussit parfaitement son pari et nous envoie dans une Lisbonne grouillante, sur des îles paradisiaques et des mers déchaînées. Le personnage principal est un cartographe, c’est-à-dire que son métier est de nommer les choses : les mers, les terres, les régions, les peuples et les animaux, tout prend naissance sous ses pinceaux et c’est à lui de leur donner vie.

Quand on ne dispose pas de bateau – ou plutôt d’eau pour les y faire naviguer – , la seule façon de fuir, c’est lire.

 

Écrire est une navigation sur la terre ferme, la page blanche est une voile qu’on hisse ; les mots, un sillage qui s’efface

 Le texte est beau, fin, bien écrit, les villes sont vivantes et colorées, le choix de la conversation donne un rythme parfait au livre, qu’on aurait envie de lire à voix haute un chapitre par soir pour le savourer. Les voyages sont décrits comme des rêves, de grandes aventures auxquelles on ne peut résister. On ne résiste pas, et on le dévore rapidement.

D’ordinaire, on ne retient des voyages que leur destination, alors qu’ils ont, d’abord, des sources.

♥♥♥♥● – 4/5
Je conseille vivement ce livre et attends avec impatience vos commentaires si vous le lisez

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