Les fidélités, Diane Brasseur

Les fidélités, on s’en souvient longtemps après. C’est un petit roman étonnant, une fable moderne sur l’amour et la famille. Nous lisons la confession d’un homme d’une cinquantaine d’années, époux et père de famille, qui trompe son petit monde depuis un an avec une belle et jeune trentenaire et qui appréhende son départ en vacances avec sa famille.

Malgré un pitch très classique et presque cliché, Diane Brasseur réussit à s’éloigner de cela en traitant le sujet à l’envers. Plutôt que de traiter de la crise de la cinquantaine, des difficultés du mariage, de l’adultère, elle nous parle d’amour. Elle nous parle du plaisir de séduire, de la capacité à aimer plusieurs personnes, de la difficulté de choisir et de l’authenticité des sentiments des deux bords.

Le texte est court, bien construit et efficace. Nous entrons dans le sujet quelques jours avant Noël quand toute la famille se prépare à partir à New York pour les vacances. Le personnage principal se cache dans son bureau pour être tranquille et réfléchir. Il nous raconte alors toute la dernière année avec Alix, sa maîtresse, comment il partageait sa vie, son temps, son amour. Ce qui a commencé comme un démon de midi, une fuite face à l’âge, bref, un bon vieux poncif de la littérature, se transforme rapidement en une double histoire d’amour complexe et sincère. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’on se prend d’affection pour le personnage, mais on apprend au moins qu’il ne faut pas nécessairement juger chaque livre à sa couverture.

♥♥♥●● – 3/5

Assise en face de moi, Alix ne se doutait pas que nous avions déjà fait l’amour une bonne dizaine de fois.
Elle me racontait sa semaine.
Il y avait ce qu’Alix faisait ou disait, et mon interprétation.
Si elle disait : « J’ai mal dormi », je me demandais si elle avait fait une insomnie en pensant à moi.
Si elle laissait sa main posée sur la table à côté de son verre, je me demandais si c’était pour me tenter de la prendre.
Si je la trouvais bien habillée, je me demandais si elle avait fait un effort parce qu’elle savait qu’elle me voyait.
En les plaçant au milieu de blagues, on utilisait des mots qui excitent, comme « jouir », « plaisir », ou « virilité ».

Pour voir l’auteur parler de son roman c’est ici !

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